Easter 2005. Center Paris.01

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Paris / New York

Ce projet est un essai visuel de la vie dans les rues de Paris et New York. Ces séries de photos ont débuté il y a 9 ans lorsque je suis arrivé à Paris et que j’ai commencé à découvrir la ville à pied. Depuis, j’ai passé d’innombrables heures à marcher et à capturer l’instant inattendu. Dès le départ, j’ai décidé de photographier Paris en couleur car je préfère montrer le monde tel qu’on le voit.

En 2008, J’ai photographié l’écrivain américain Adam Gopnik lors d’un dîner de gala à la Bibliothèque Américaine à Paris. Monsieur Gopnik vit à New York et a passé plusieurs années à Paris avec sa femme et son fils. Auteur des bestsellers Paris to the Moon et Through the Children’s Gate, le thème de son discours était « les civilisations des lieux publics ». Il décrit Paris avec son style humoristique et impertinent comme un endroit où toutes les générations se rencontrent et se parlent. Il parle du Jardin du Luxembourg où il a passé de nombreuses heures à regarder son fils jouer avec d’autres enfants ou à faire du manège. Il décrit les grévistes obstinés qui bloquent les transports publics parisiens, mais aussi la rivalité entre le Café Flore et les Deux Magots où les touristes se mêlent aux habitants du quartier pour voir et être vus. J’ai tout de suite remarqué des similitudes entre la façon amusante de Gopnik de décrire la ville et mon approche spontanée de la photographie dans la ville.

Plusieurs fois dans son discours, Gopnik a fait référence à la ville de New York et la façon dont elle imite Paris, et vice versa. Par exemple, Il a comparé Central Park au Jardin du Luxembourg comme deux endroits différents et en même temps si proches par leur aptitude à rassembler une multitude de gens différents. Cela m’a encouragé à documenter la vie dans les rues de New York et à créer un effet de miroir entre les deux villes. Après tout, je suis Américain et Paris est mon nouveau chez-moi. Pourquoi ne pas présenter mes deux villes préférées au monde en un seul ouvrage ?

Depuis 2008, j’ai visité New York trois fois et je trouve en effet que la Ville Lumière et la Grande Pomme se ressemblent. Au fond, les Parisiens adorent New York et vice versa. Tous les Parisiens que j’ai croisés citent New York comme leur ville préférée aux Etats-Unis. Quelqu’un m’a même dit un jour « qu’il avait visité New York mais pas les Etats-Unis ». Il en va de même entre Paris et le reste de la France. Ces deux villes vivent à un rythme différent qui attire les visiteurs et les impressionnent. Ces deux villes sont aussi très cosmopolites et il suffit de marcher 15 minutes pour se retrouver dans un environnement culturel totalement différent. Par exemple, en marchant de Montmartre à Château Rouge à Paris, ou bien de Lower Manhattan à China Town à New York. Elles sont les symboles de deux grandes nations qui se sont toujours influencées mutuellement. Le fondateur de mon pays natal, Thomas Jefferson, fût ambassadeur des Etats-Unis à Paris de 1785 à 1789. Il en a ramené de nombreux aspects de la culture française, en particulier la littérature et l’architecture. Deux Statues de la Liberté accueillent les bateaux, l’une sur la Seine à Paris, l’autre sur l’Hudson à New York. Sans oublier des auteurs plus contemporains comme F. Scott Fitzgerald, Hemingway, ou Gertrude Stein qui ont passé de nombreuses années à Paris.

De manière plus complexe, j’ai réalisé que la vie dans les rues de ces deux villes se décompose en petits évènements aléatoires à des endroits parfois incongrus et contradictoires. Par exemple, sur l’esplanade du Trocadéro face à la Tour Eiffel qui symbolise Paris, nous trouverons un immigrant africain sans papiers en train de vendre des porte-clés à de riches touristes en train d’admirer la vue. Paris et New York sont comme deux décors de théâtre avec des milliers d’acteurs sans rôles prédéfinis. J’essaie d’organiser en images ce magnifique chaos de la vie quotidienne. Le défi est de photographier ces instants pour les documenter, tout en incitant le spectateur à se demander ce qu’il voit vraiment. C’est montrer la réalité, du moins celle que je perçois, tout en la déformant et en jouant avec elle. Ce projet, qui a commencé sans but particulier, est peu à peu devenu comme un duo musical haut en couleurs entre ces deux villes magiques.

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